Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

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Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Lun 7 Jan - 21:34

(Attention, chute de pavés)

Je replonge cette année dans une vieille maladie née en France, contaminé par ma filière science politique : la sociologie. Et qui dit sociologie en France dit Pierre Bourdieu ; je passe sur les théories globales du bonhomme sur la domination symbolique, il y a un point de sa pensée qui devrait nous intéresser : nos goûts seraient, au moins en partie, conditionnés par notre milieu social. Y compris pour la musique, donc.

Bourdieu donne plusieurs exemples, par exemple en associant la musique classique à la classe dominante ; selon lui, plus une musique sera appréciée de la classe dominante pour se distinguer des autres, plus elle sera perçue comme légitime, valorisée par l'État, et il fait ainsi encore aujourd'hui plus sérieux d'écouter du classique que du Heavy Metal ou même du rap. À un moment donné, le processus conduit les autres classes sociales à adopter la culture de la classe dominante, et celle-ci doit alors en changer. Pour aussi déterministe qu'elle soit, la théorie présente un intérêt : qui n'a jamais remarqué que tel style vestimentaire, telle pratique culturelle comme la visite de musées ou telle musique est marquée socialement ? Pour ce qui nous intéresse, il est difficile de ne pas voir que les endroits les plus désocialisés sont ceux où les gens se satisfont le plus du minimum véhiculé par les médias... Ce n'est pas conscient, du moins pas tout à fait : pour Bourdieu, l'individu acquiert une telle habitude de la hiérarchie culturelle qu'il décide automatiquement de ce qui lui plait ou non sans se rendre compte qu'il le fait suivant des critères déjà posés par son milieu social.

Il y a toutes sortes de nuances à apporter aux théories de Bourdieu, lui-même n'en faisait d'ailleurs pas nécessairement une généralité absolue, l'un de ses élèves lui a notamment fait remarquer qu'on vivait rarement dans un milieu social 100% homogène ; néanmoins, les chiffres montrent que certaines pratiques culturelles sont effectivement liées à la catégorie sociale. Donc, question : où placer les musiques sombres là-dedans ?

Elles sont moins légitimes que le classique, c'est le moins qu'on puisse dire ; en écouter est considéré comme signe non seulement qu'on appartient pas aux hautes couches de la société mais qu'on peut même présenter un danger pour sa hiérarchie. D'un autre côté, elles ne subissent pas non plus le mépris des étrons diffusés à la télé, et ceux qui les écoutent eux-mêmes ont une certaine forme d'élitisme. En fait, ils paraissent s'extraire complètement de la domination symbolique pour créer leur propre hiérarchie ! Mais à quelle classe sociale les associer ? Pour ma part, je les associerais plutôt à la classe moyenne, mais alors une petite partie de la classe moyenne qui aurait (pas tout à fait consciemment) décidé de cesser d'imiter les classes dominantes, mais je n'ai aucune certitude sur le sujet, je serais curieux de voir s'il existe des chiffres sur le sujet.

Ce n'est jamais qu'une théorie parmi d'autres, bien sûr, et je doute fortement qu'une seule théorie, pour aussi brillante qu'elle fut, puisse expliquer nos goûts pour la musique ; mais cela n'empêche pas de chercher. Quelles causes attribueriez-vous à vos goûts et à ceux des autres ?

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Max le Lun 7 Jan - 22:16

Je n'essayerai pas d'expliquer les goûts des autres, déjà expliquer les miens sera assez dur.

J'estime en être arrivé là dans la mesure où j'ai toujours été quelqu'un de solitaire passant beaucoup de temps sur des médias électroniques (jv, internet & co) et que mes parents étaient suffisamment aisés pour que je puisse disposer de ces moyens. J'ai enfin eu la chance que l'on me fiche une paix royale au niveau de mes goûts musicaux et de beaucoup de temps libre pour faire mes recherches dans mon coin et voila. (Ah et aussi on m'a forcé à apprendre à faire d'un instrument ce qui m'a révulsé de la musique classique donc...)

Et toi mitth'?

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Lun 7 Jan - 22:32

Ouais, commençons par là...

En effet, s'agissant de la famille, un autre facteur important est qu'elle nous laisse développer une culture musicale jeune, pour qu'on puisse s'y mettre plus tôt. De mon côté, mes parents apprécient tous deux de jouer de la musique, mon père a longtemps été clavier dans un groupe de pop-rock, sauf que comme ce n'était pas de la musique qui me plaisaient et qu'ils voulaient à tout prix m'y intéresser, ce n'est qu'assez tard que j'ai développé un intérêt musical, au son de Rammstein, à seize ans.

Mais à partir du moment où j'écoutais de la musique, je me sentais un peu obligé de faire un minimum de recherches sur le sujet, vu que ma famille à moi avait des goûts musicaux variés ; seulement, ça ne pouvait pas être dans la même direction, non seulement parce que ça me plaisait moins mais encore parce que j'avais envie de me différencier. Ça ne m'a pas empêché d'adopter certains goûts musicaux familiaux (par exemple, j'ai connu Kraftwerk par mon père), mais j'étais encore plus content lorsque je trouvais quelque chose que personne d'autre autour de moi n'écoutait et qui me plaisait, par exemple Nightwish.

Je ne reviens pas sur ce que tu as dit sur le temps disponible et l'argent, Max, effectivement, moi aussi, je n'ai eu aucun problème à ce sujet, je passais déjà mon temps devant l'ordi avant, de toute façon.

Sorti de ça, facteur plus endogène, forte influence du fait que j'ai beaucoup d'imagination, j'ai l'impression ; j'ai commencé à écouter de la musique pour accompagner mes fan-fics, et ça se ressent dans ce que j'écoute, il faut que ça me transporte quelque part, me permette d'imaginer un ailleurs ou une histoire quand ce n'est pas les deux. Ce qui fait que je suis moins attaché au bien rythmé ou au bien riffé qu'à l'ambiance générale d'un morceau, qui peut être onirique (d'où mon goût ce qui a des influences classiques et pour des musiques un peu contemplatives), oppressante (Indus)...

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Antoine Tomberouge le Lun 7 Jan - 23:50

Tanz Mitth'Laibach a écrit:une vieille maladie : la sociologie

Tu trouves cette discipline nuisible toi ? On peut plutôt reconnaître que cela jette un éclairage tout à fait pertinent sur bien des aspects de la société, et constitue une alternative crédible à la seule psychologie

Reprenons brièvement ce que tu déclares au sujet des musiques sombres. Ce n'est sans doute pas inexact d'observer qu'elles sont surtout écoutées par des gens de la classe moyenne
Il faut rappeler qu'elle est originaire de la classe prolétaire anglaise, et s'est constitué comme une véritable contre-culture. Une contre-culture de jeunes nourrie du mépris des valeurs bourgeoises, du passé classique dans lequel baignent les aristocrates, les gens cossues et les vieux de la vieille. Il fallait les choquer, ces gens, leur cracher à la figure. Mais on le constate, cela est souvent produit par des gens disposant d'une certaine connaissance de la littérature, de la musique, etc... Ils ne sont pas tout à fait déconnectés du passé et de la richesse intellectuelle de leur nation

Venons-en au rap, car lui a/est une particularité
A contrario de la contre-culture (rejet des modes et goûts bourgeois, ce qui suppose un relatif accès auxdites modes), je dirais, moi - mais ce n'est que mon observation - que c'est carrément une anti-culture
Le rap est né d'une réaction des Noirs américains à l'égard de leurs conditions : vie dans les ghettos, abandon...
La constitution de leur communauté s'est faite plus ex nihilo que les prolos anglais, car les Noirs étaient tous descendants d'esclaves et n'avaient pas de passé "concret" sur les terres américaines
De fait, ce milieu n'était point pourvu de culture classique

Le rap est un courant musical dont l'idéologie est essentiellement libérale ; il s'agit d'accéder à ce dont les pauvres Noirs étaient majoritairement privés : fric, gloire, liberté, absence de carcan. But et idéal. Cela a vite abouti à ce que l'on appelle le Gangsta Rap, aux non-valeurs dominantes dans le milieu de nos jours

Ce courant musical s'est importé en France, où nos banlieusards ont adopté le style des rappeurs américains, et surtout leur idéologie

Sauf que, loin d'essayer de corriger la situation, la gauche antiraciste et droitdelhommiste a promu ces jeunes, des personnalités telles que Jack Lang, entre autres, s'employant à annihiler la hiérarchisation de la culture et les horizontalisant toutes.
Ainsi, des groupes comme "Nique Ta Mère" - ça veut dire ce que ça veut dire - sont-ils devenus des emblèmes de la banlieue et de ce que l'on appelle aujourd'hui les classes "populaires" (les bougnoules et les négros, hein, c'est comme ça qu'il faut l'entendre), faisant de codes et d'attitudes voyous - en bref, l'idéologie libérale violente, antinationale et laxiste - de véritables exemples pour la jeunesse descendante d'immigrés. On se rappellera de certains textes anti-flics de Ministère Amer qui firent bruisser à l'époque
Ces jeunes, biberonnés au libéralisme libertaire, étant dénoncés actuellement comme le problème de la France par les mêmes qui les installèrent sur un piédestal dans les années 90 et contribuèrent à les modeler ainsi. Voyez la schizophrénie

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Mar 8 Jan - 0:19


Tu trouves cette discipline nuisible toi ? On peut plutôt reconnaître que cela jette un éclairage tout à fait pertinent sur bien des aspects de la société, et constitue une alternative crédible à la seule psychologie

C'était de l'ironie, sinon je ne ferais pas de telles études Wink Mais fais attention, quand même, c'était blindé de gauchistes, au début^^ Et même maintenant, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer qu'en science politique, nous étions le seul amphi de gauche en licence^^

S'agissant du rap, je serais plus prudent pour une raison simple : je n'y connais rien. Il est tout à fait possible que la soupe qu'on nous passe à la radio soit aussi représentative du rap que Linkin Park et Within Temptation sont représentatifs du Metal -ce n'est pas nécessairement une critique contre ces deux groupes, mais c'est un fait. Du coup, je fais attention.

Je ne sais pas si je ferais automatiquement un rapprochement avec le libéralisme économique... Libéralisme social et politique, ça, je veux bien le croire (encore qu'on en entend parfois de drôlement réacs, mais passons), voire libertaire ; matérialiste, sûrement, mais est-ce que ça passe nécessairement par une politique économique précise ? Je n'en suis pas sûr du tout -mais encore une fois, je n'y connais rien. Mais, s'agissant de ce qu'on connait tous, la soupe véhiculée par des médias comme l'infâme skyrock, je vois dans les paroles prétendument libertaires moins une contre-culture qu'une espèce d'exutoire par lequel des populations qui se sentent rejetées, à tort ou à raison peu importe, trouvent la révolte dont elles n'ont pas les moyens en réalité. Ce n'est pas vraiment une incitation à se méfier de la société dans laquelle ils vivent mais au contraire un moyen de se calmer -bien que des gens qui sont dans une situation de réelle rupture avec la société puissent se le réapproprier. C'est ainsi non seulement un marqueur défavorable socialement, ça révèle l'appartenance aux banlieues défavorisées (peuplées en grande partie de populations immigrées, d'où peut-être l'impression d'un racisme qui n'est en fait qu'un mépris très social, un Arabe avec bac +5, en costard et amateur de Wagner ne dérange pas grand monde), mais aussi un moyen de calmer les populations concernées.

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Aenimal le Mer 9 Jan - 19:54

Selon moi, la musique est avant tout une forme de language dont le vocabulaire est fondée sur des critères esthétiques, la grammaire en étant les critères sociaux-culturels que tu abordes. Wink

Antoine Tomberouge a écrit:Le rap est un courant musical dont l'idéologie est essentiellement libérale

Associer une idéologie à un style musical est une interprétation personnelle dont la pertinence n'est valide que jusqu'à un certain point. Il est par exemple beaucoup plus facile d'interpréter les textes associés à la musique ou même le "décorum" (site internet, packaging) qui entoure un album/artiste qu'un enchainement de sons plus ou moins ordonnés... encore que...

Associer idéologie et musique est un "terrain miné" sur lequel il est facile de sauter sur le cliché ou le raccourci fallacieux (j'aime bien ce mot en ce moment clown ). Exemple : le punk est en général associé à une idéologie d'extrême-gauche, alors que certains groupes ouvertement fachos pratiquent aussi ce genre de musique... et le tout à l'avenant : par exemple le "Christian black métal" (ou "Unblack métal"), qui est anti-sataniste...

Bref, comme pour tout courant musical, on peut à peu près dire tout et son contraire... et si je devais associer la version mercantiliste de l'idéologie libérale, ça ne serait sûrement pas le rap, mais plutôt la pop, qui représente bien plus à mon sens l'aspect "consumériste de masse" de notre société que n'importe quel autre courant musical...

Antoine Tomberouge a écrit:l'idéologie libérale violente, antinationale et laxiste

Heu, je vois pas en quoi l'idéologie libérale serait plus "violente" qu'une autre forme d'idéologie... Je peux comprendre qu'on puisse la taxer d'"anti-nationale", voire de "laxiste" à l'extrême limite (mais l'emploi de ce qualificatif prouve que tu n'as pas bien saisi les principes fondamentaux du libéralisme originel, car le "vrai libéralisme" prône au contraire la responsabilité individuelle), mais "violente", je vois pas...

Antoine Tomberouge a écrit:Ainsi, des groupes comme "Nique Ta Mère" sont-ils devenus des emblèmes de la banlieue et de ce que l'on appelle aujourd'hui les classes "populaires"

Image renvoyée par les médias qui ne reflète probablement qu'une partie de ce macrocosme : il y en a aussi sûrement qui écoutent du classique ou même, pourquoi pas, de l'indus...

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Bref, pour en revenir au sujet, je pense que c'est le moment pour moi arigatô d'introduire les "types d'auditeurs" recensés par le sociologue et musicologue allemand Theodor W. Adorno dont les recherches ont permis à l'époque (dans les années 40-50-60) d'établir une typologie du public radiophonique américain (et comme dans toute classification, les frontières bordant ces typologies ne sont bien évidemment pas étanches) :

1. L'expert : Complètement conscient de la structure de la musique, il en reconnaît les composantes fondamentales, il est capable de discerner l'architecture globale du morceau. Cette catégorie se trouve principalement remplie par les musiciens professionnels, bien qu’ils ne soient pas tous des auditeurs experts. Inutile de dire que peu de gens font partie de cette catégorie dans la société. Exemple : déceler dès la première écoute que "Money" de PINK FLOYD est en 7/8.

2. Le bon auditeur : Fait spontanément les connections mais, à la différence de l'expert, il n'est pas complètement conscient de la structure de la musique. Il la comprend comme son propre langage sans en maitriser la grammaire ni la syntaxe. Il ne fonde pas son appréciation sur des catégories de prestige, ni selon l’arbitraire du goût. Exemple : un critique rock spécialisé.

3. Le consommateur culturel : Auditeur vorace, bien informé, collectionneur de disques, il est capable de nommer les morceaux et comme un détective, il connait jusqu'aux détails de l'enregistrement. Ses choix musicaux sont les éléments de sa stratégie sociale. Plutôt que de saisir les aspects structurels de la musique, il va tenter d’accumuler le plus d’informations sur un artiste, sur les genres musicaux. Il aimera s’entretenir avec d’autres consommateurs de culture pendant des heures sur des considérations extra esthétiques. Il anticipe un refrain, une mélodie présumément grandiose. Il se comporte de façon élitiste face aux masses et aime assister aux performances. Il s’imagine - à tort ? - extérieur à l’imposition idéologique des industries culturelles.

4. L'auditeur émotionnel : Plutôt inconscient de comment la musique fonctionne mais le plus sensible à ses charmes. Le genre de public où la pression sociale conduit à l'expression souvent incontrolable des sentiments introvertis. Il utilise la musique comme un moyen d'évasion, et y fourre tous ses sentiments ou bien y cherche les émotions qui lui manquent. Il consomme la musique comme un échappatoire à la vie quotidienne. Il désire en quelque sorte purger ses passions. Il se caractérise par son investissement affectif. Il recherche une forme d'"authenticité" en musique, qu’il pourrait avoir de la difficulté à définir. Il est en plein dans la mire des industries culturelles.

5/6. L'auditeur insensible et l'amateur de Jazz (Note : Adorno détestait le jazz) : Présentent les caractéristiques contraires des précédents. Ils ne s'autorisent pas d'expérience émotionnelle avec la musique et montrent une aversion à l'idée romantique de concevoir la musique comme un moyen d'expression. Au lieu de transgresser par la catharsis les interdits de la société, celui-ci s’approprie cette transgression et en fait la norme de son propre comportement social. C’est un type réactif qui méprise la vie musicale officielle et se tourne vers le passé où dit-il, l’aspect mercantiliste de la musique était absent. Exemple : selon Adorno, les amateurs de Bach appartiennent à ce type.

7. Le consomateur de divertissements : C'est pour lui que l'industrie culturelle à été créée. Ce public est le plus représenté, il est passif et férocement opposé à toute idée d'effort que peut requérir la compréhension d'une œuvre d'art. La signification de la musique lui importe peu, car il recherche le confort distrayant. Il est en plein dans le joug des industries culturelles. Il écoute la musique comme quelqu’un fume une cigarette. Il n’écoute pas vraiment la musique, il l’entend. Exemple : caricaturalement, Star Académie et ses dérivés.

8. Les indifférents, les amusicaux, les anti-musiques : Ceux qui n'aiment pas ça, qui ont vécu une mauvaise expérience dans l'enfance et qui fuient tout ce qui pourrait ressembler à un passage musical.


En savoir plus sur : Arrow http://talent.paperblog.fr/5062853/adorno-la-musique-commerciale-et-la-liquidation-de-l-individu

Et, pour les plus courageux, la lecture de ce bouquin (difficile à lire pour des béotiens, croyez en mon expérience personnelle arigatô ) :



Sinon, vous pouvez toujours vous rabattre sur Jacques Attali et son ouvrage Bruits, essai sur l'économie politique de la musique, c'est plus simple à lire (et à comprendre). Ouvrage d'ailleurs cité par LAIBACH dans le livret de la compilation Anthems, pour la petite histoire... Wink





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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Mer 9 Jan - 20:07

Ce n'est pas idiot, merci pour toutes ces indications arigatô

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Antoine Tomberouge le Sam 20 Avr - 23:48

http://www.kernews.com/index.php/l-invite-du-jour/222-cardet-le-rap-reprend-tout-le-catechisme-de-sos-racisme-sur-la-repentance-le-discours-victimaire-et-la-critique-totale-des-corps-de-metier-notamment-la-police


Cela fait des années que certaines stations de radio matraquent du rap pour capter l’auditoire des jeunes des banlieues, mais aussi des jeunes bourgeois qui ont ainsi l’impression de s’encanailler… Tout le monde s’accorde à reconnaître que, sauf de très rares exceptions, le rap a pour effet d’entraîner un appauvrissement du langage, fait l’apologie de la drogue, de la violence, de la prostitution et véhicule des concepts qui contribuent à la haine de la France.

Dans un livre-choc, un jeune essayiste d’origine camerounaise, qui a grandi en banlieue parisienne, dénonce cette effroyable imposture du rap. Pour rédiger cet ouvrage, Cardet est remonté aux origines du rap en France et il a découvert un véritable plan initié par le Parti socialiste, visant à stigmatiser les pauvres entre eux. Ainsi, en empêchant toute cohésion dans la contestation populaire et en divisant les jeunes des banlieues, le PS a déconscientisé les classes populaires afin de masquer son incapacité à résoudre les problèmes économiques. À cela s’ajoutent les discours de haine contre la France pour diviser la population. Cardet est le premier à pouvoir écrire cela, car il est d’origine africaine et il estime que ce qui empêche toute critique du rap, c’est la peur de passer pour raciste…

Son livre est un événement, Le Figaro Magazine lui a même consacré quatre pages dans son édition du 22 février dernier, ce qui est très rare pour un jeune auteur.



Kernews : Depuis des années, on nous explique que le rap s’inscrit dans une culture permettant de valoriser des expressions contestataires. Or, vous démontrez dans votre livre qu’il y a là une grande manipulation politique et sociologique pour contrôler toute une jeunesse…

Cardet : En prenant certains outils intellectuels à mon maître, Michel Clouscard, notamment sur le matérialisme historique, j’ai essayé de déconstruire le mythe du rap en me basant sur ce qu’est le rap actuellement : c’est un outil de domination de la bourgeoisie libéralo-libertaire.

On aurait pu penser que cette bourgeoisie libéralo-libertaire manipulerait les jeunes pour les faire entrer dans le système. En réalité, elle cherche à les maintenir à l’écart du système pour mieux les contrôler…

Elle les maintient à l’écart du système tout en les mettant dans le système. Il y a un paradoxe dans le rap. Pendant que la majorité des auditeurs du rap sont confortés dans une imagerie antisystème qui, malheureusement, se traduit par une imagerie anti-France, on exclut ces jeunes du sentiment national, et cela permet à cette bourgeoisie d’atomiser l’individu. Comme la nation n’est plus là pour protéger une partie des individus, notamment le prolétariat, cela entraîne une accumulation d’individualités et chacun devient une proie pour l’industrie du divertissement et du plaisir, ce que l’on pourrait traduire par le grand capital. Cela maintient paradoxalement ces gens dans un discours antisystème et revendicateur, tout en les confortant dans un paradigme ultralibéral. Là est la tartufferie !

Vous dites qu’il ne s’agit pas de les faire bénéficier des richesses et du progrès du libéralisme, mais de les maintenir comme des sous-hommes…

Bien sûr, le rap prétend pouvoir allier un hédonisme libéral avec un discours contestataire. Les auditeurs du rap sont maintenus dans l’illusion d’une société de jouissance, mais jouir sans argent, cela conduit à une société de crédit. Les gens des quartiers populaires sont dans l’illusion de consommer, de pouvoir profiter de la société d’hyperconsommation, alors qu’ils sont totalement aliénés. Pour accéder au rêve, ils doivent faire des crédits ou recourir à des moyens illicites… Le rap est historiquement le plus fort des moyens de domination, car c’est le plus subtil. Dans les quartiers, on a tendance à se méfier de la télévision, on a tendance à se méfier de la politique, on a tendance à se méfier de la publicité et, pendant ce temps, on tombe dans la gueule du loup du rap… L’endettement et l’assistanat public, c’est une forme de domination.

Vous expliquez que lorsque le Parti socialiste est arrivé au pouvoir en 1981, il s’est retrouvé dans l’incapacité de gérer la question de l’immigration. Alors que le discours officiel était celui de l’intégration, les dirigeants du PS se doutaient, dès le départ, qu’ils n’y arriveraient pas et ils ont préféré cloisonner ces jeunes dans une sous-culture… C’est terrible comme constat !

Exactement. En 1983, le gouvernement socialiste avait déjà trahi toutes ses promesses. Le prolétariat, voyant les trahisons socialistes, allait évidemment se rebeller contre le pouvoir en place. Face à cela, la seule solution qu’ils ont trouvée consistait à ethniciser les rapports sociaux.

Dans un premier temps, il y a eu SOS Racisme qui a eu pour effet de diviser les quartiers populaires entre eux, les Noirs et les Arabes d’un côté, avec un discours victimaire du type : « Tout est de la faute du méchant blanc… » De l’autre, ils ont ostracisé les Blancs des quartiers populaires en les traitant de fascistes ou de colonialistes.

Après le deuxième septennat de François Mitterrand, les mêmes qui étaient pour SOS Racisme en 1983 ont voté pour la loi antivoile en 1989. Les gentils Beurs sont devenus les méchants barbus… À partir de ce moment, ce qui a pris le relais de SOS Racisme, toujours dans l’objectif d’ethniciser les conflits, c’est le rap. Le rap est devenu le nouvel SOS Racisme, toujours dans l’esprit de diviser pour mieux régner… La récupération totale du vote immigré est passée par le biais du rap. Le rap reprend tout le catéchisme de SOS Racisme sur la repentance, le discours victimaire et la critique totale des corps de métier, notamment la police.

Petit à petit, on a assisté à une infiltration de la religion musulmane dans les textes de rap, ce qui me fait dire que le rap a aussi participé à une perversion de la pratique de l’islam. Tout cela a donné un gloubi-boulga idéologique qui a contribué à dépolitiser et à déconscientiser les gens des quartiers populaires. Cela a bénéficié au Parti socialiste, mais aussi aux autres partis car pour le Front National, s’il n’y avait pas eu le rap, il aurait fallu l’inventer ! Le rap regroupe en effet les pires clichés que l’on peut avoir sur les Français issus de l’immigration.

Finalement, le rap bénéficie à tout le monde et, au milieu de tout cela, il y a les honnêtes gens, les Blancs qui habitent en province et les Noirs et les Arabes qui travaillent honnêtement dans les quartiers, qui se trouvent tous pris en otage par cette nouvelle idéologie de l’antiracisme sur disque. Je peux dénoncer cela facilement parce que je suis noir... Je sais, tout le monde pense cela, mais personne n’ose le dénoncer par crainte d’être catalogué comme raciste…

Il y a aux États-Unis des Afro-descendants qui sont restés dans une contre-culture contestataire, mais il y en a d’autres qui ont réussi. En France, cela n’a pas fonctionné. Pour quelles raisons ?

L’histoire des Noirs en France et aux États-Unis n’est pas la même. On peut parler d’une communauté afro aux États-Unis, car ce sont des gens qui ont participé à la construction du pays dès son origine et ce sont des déracinés. Donc, ce sont des « Blacks ». En France, c’est différent : avant les Noirs, il y a eu les Antillais, les Guadeloupéens et les Martiniquais, dans les Noirs, il y a aussi les Africains… Quand les Noirs sont arrivés en France, il y avait déjà une histoire commune avec la plupart de ces pays. Lorsque mes parents sont arrivés en France, ils ne se considéraient pas comme noirs, mais comme camerounais. Les parents de mes voisins étaient sénégalais. Évidemment, on a retrouvé les rivalités ethniques qui existaient entre ces pays...

Aux États-Unis, les Noirs ont été considérés comme des « sous-hommes » pendant deux siècles, alors qu’en France l’échange avec l’Afrique a été permanent…

Oui, plutôt que de rappeler cela, on nous a divisés. Évidemment, il y a eu la colonisation. Mais les méchants ne sont jamais ceux que l’on croit. La personne qui a prôné la colonisation la plus raciste n’est autre que Jules Ferry, qui estimait qu’il était du devoir des races supérieures d’élever les races inférieures. Ce sont les socialistes qui ont initié cette colonisation et ce sont ces mêmes gens qui ont participé à la division des quartiers populaires, en prétendant ensuite parler au nom de cette communauté.

Il est important de regarder l’histoire. On nous a présenté les Français prolétaires comme des vrais méchants, alors qu’ils n’ont jamais rien demandé, alors que les élites qui sont responsables de cette situation, à l’origine des colonisations les plus horribles en Afrique, sont aujourd’hui responsables de la paupérisation des Français de souche. Ce sont ces mêmes gens qui prétendent parler aujourd’hui au nom de l’antiracisme. Il faut prendre le temps d’analyser tout cela. Les Français de souche ne sont pas nos ennemis et j’affirme que la France est le pays le moins raciste du monde ! Je ne connais aucun autre pays où les choses se passent de cette manière. Il est temps que les gens des quartiers populaires s’affranchissent de ceux qui prétendent parler en leur nom.

Tout le monde sait que le rap que l’on entend actuellement, c’est n’importe quoi, des vociférations, de la violence... Ce n’est pas de la musique…

Bien sûr ! Je connais énormément de gens qui essaient de faire du rap en s’efforçant de rentrer dans une tradition de culture française, notamment avec l’amour des mots, mais évidemment ces gens sont minoritaires. Le rap, cela reste incarné par La Fouine ou Booba, c’est une catastrophe. Ce n’est même plus de la sous-culture, c’est une contre-culture de masse, c’est de la soupe populaire, car c’est quand même porté par des gens qui sont censés être cultivés, comme Les Inrockuptibles ou la radio Skyrock… Les textes sont d’une vulgarité extrême. C’est le degré zéro de la réflexion, c’est la mystification de la prison, c’est le machisme, c’est l’apologie de la drogue…

En plus, il y a une manière de créer ce que l’on appelle les « islamo-racailles ». Avec quelqu’un comme Booba ou La Fouine, on n’a plus besoin de Front national, ils font le boulot eux-mêmes ! D’un côté, on parle de l’islam, de l’autre, on parle des armes et des putes ! Si tout cela n’était pas relayé par les médias dominants, on n’en parlerait pas.

Je vous rappelle que lorsque Skyrock a failli fermer, François Hollande est venu au chevet de Skyrock… Et c’est le Crédit agricole qui a sauvé Skyrock sous Nicolas Sarkozy, il faut tout de même se poser ces questions…

C’est finalement très raciste d’avoir réussi l’exploit d’amalgamer la culture noire avec le rap…

C’est une escroquerie d’avoir amalgamé la culture noire au rap. Je pense que le rap est l’art le plus raciste qui soit.

N’est-ce pas en train de leur échapper, car ceux qui s’en rendent compte dans les banlieues se tournent maintenant vers l’islam ?

Bien sûr, il y a islam et islam. Nos parents étaient musulmans et ils avaient un rapport avec la patrie, ils avaient une culture d’enracinement, ils pratiquaient leur religion sans gêner personne. Avec le rap et SOS Racisme, on est entré dans une culture de repentance et de revendication perpétuelle. Après, il ne faut pas s’étonner de voir se développer des revendications identitaires ou religieuses. Maintenant, on est dans une sorte d’islam américanisé. C’est un mélange entre l’islam et ce qu’il y a de pire dans l’ultralibéralisme. On arrive à une communautarisation de plus en plus forte et c’est une catastrophe.

Cet islam revendicateur, ce n’est pas l’islam de nos parents. Ce rap, c’est la musique du système, donc c’est l’islam du système qui vise à critiquer la France, le Blanc et le catholique. C’est un conflit de civilisations qui est en train de naître. Je revendique un islam patriotique, celui de nos parents. C’étaient des gens honnêtes, des gens courageux et qui ont vécu dans des conditions autrement plus difficiles que nous. Je n’oublie pas qu’il y a du racisme, mais c’est de l’anthropologie, la xénophobie existe partout, en Algérie comme au Cameroun… Dans le monde entier, quand un étranger arrive quelque part, il y a toujours une réaction de rejet. Donc, il est trop facile de se réfugier derrière un discours raciste pour entrer dans un choc de civilisation et cracher sur les Français des quartiers populaires qui n’ont jamais rien demandé. Je demande aux gens des quartiers, comme aux Français de souche, de s’éduquer et de se réconcilier en rejetant toutes ces revendications stupides !

Quelles réactions avez-vous reçues après la sortie de ce livre ?

Je reçois énormément de messages de ceux que j’appelle les honnêtes gens. J’ai 100 % des honnêtes gens de mon côté ! D’abord, mes parents sont fiers de moi, c’est très important pour moi. J’ai aussi écrit ce livre pour ceux qui en ont assez de faire honte à leurs parents, les Noirs et les Arabes des quartiers populaires, mais également les Blancs de la bourgeoisie qui s’encanaillent en écoutant du rap en singeant les pauvres. Il faut arrêter de faire honte à nos parents !

Face à moi, j’ai évidemment toute l’intelligentsia, mais il suffit d’en débrancher un, puis deux et trois, et le livre a le mérite d’exister… Regardez Booba qui dit « Fuck la France »... C’est une réalité, le Parti socialiste peut essayer de discréditer le contenu de mon livre, mais ce que j’écris est une réalité. Tout cela est humiliant, on doit dénoncer cette saloperie. C’est bien beau de sortir un Nègre et de l’ériger en kapo pour pouvoir en détruire des milliers... Il faut arrêter avec cela, on envoie les jeunes au casse-pipe et dans un choc de civilisation. Au final, la situation ne s’améliore pas, jusqu’au jour où il y aura un drame. On a vu ce qui s’est passé dans les banlieues en 2005 et la prochaine fois ce sera pire.

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Message par Tanz Mitth'Laibach le Dim 21 Avr - 8:36

Théoriiie du complooot... nawak Non que je sois en désaccord sur l'escroquerie évidente du rap qui passe à la radio, ni sur le fait qu'il contribue répandre l'image de marque des voyous de banlieue (auxquels certains de ces prétendus rappeurs comme Booba ne sont d'ailleurs que très moyennement liés...), mais dire que tout cela fait partie d'un grand complot judéo-maçonnique pour diviser la France, pour le coup, c'est ridicule et sans crédibilité... C'est exactement pareil que pour les médias qui tiennent tous plus ou moins le même discours sur certains sujets, l'appât du gain dans le système capitaliste est la cause principale de tout cela. Et c'est beaucoup moins rassurant, parce que c'est bien plus compliqué à résoudre que quelques hommes en noir à écarter du pouvoir.

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Message par R-aZZo-R le Dim 21 Avr - 10:39

De la branlette ce bouquin, outre des raccourcis simplistes et des théories fumeuses (Dr Dre aurait sorti The Chronicle, pour inciter les blacks a fumer de la beuh, plutot que de réduire en cendre L.A., lors de l'affaire Rodney King, le tout avec le soutien du gouvernement et de MTV......non mais, fallait la trouver celle-là... nawak ), l'auteur reproche au rap, les mêmes griefs que les bien-pensants des années 60 imputaient au rock, puis au punk et au metal 20 ans après.

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Message par Aenimal le Dim 21 Avr - 16:09

L'article est caricatural, c'est certain. Ceci dit, c'est clair que ce mouvement musical est actuellement celui qui est l'un des plus "marqué" socialement parlant. Perso, je rejette en bloc les accusations de manipulation politique, qui n'ont pas vraiment de sens. Par contre, j'arrive très bien à concevoir qu'on puisse écouter ça plus par "idéologie" que pour la musique en tant que telle (que je trouve personnellement d'une extrême pauvreté...)

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Message par Antoine Tomberouge le Lun 13 Mai - 13:57

Le sujet est autre (les jeux) mais on peut extrapoler le propos, intelligemment exprimé, à d'autres choses


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Message par didou le Mer 15 Mai - 21:06

Autant la plupart des podcasteurs sont très axés humour autant 3615 USUL est plus porté sur le documentaire, sans pour autant négliger le rire.

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Message par R-aZZo-R le Jeu 16 Mai - 12:06

Pas mal celui-là. Smile

Je me permet une petite traduction (toute personnelle, bien sur! Hi hi ):



Pokemon : Linkin Park
Générationnel de toute évidence, voir les différentes mentions faites à ce groupe sur le forum.

Assassin's Creed : Muse
Populaire, et marketté à mort, avec une "image" classe et pseudo-avant gardiste.

Call Of Duty : Lady Gaga
Méga populaire.....mais on a tous un pote "de bon gout", qui nous sortira "C'est de la pop, mais moi j'aime bien!".

Flower : Aphex Twin
Encensé dés qu'il sort le moindre truc, pourtant la branlette intellectuelle n'est pas loin.

GTA : Supreme NTM
Groupe vilipendé par les médias et forcément détesté par les "rockers" à l'époque, alors que de nos jours Joey Starr est louangé à chacune de ses embardés musicales ou cinématographiques, et les fameux "rockers" citent NTM comme seul groupe de rap français viable.


.....et on pourrait rajouter un AC/DC ou un Depeche Mode, pour un Mario/Zelda.

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Antoine Tomberouge le Sam 18 Mai - 21:53

Excellente transposition, et pertinente, il fallait y penser ! Smile

didou a écrit:Autant la plupart des podcasteurs sont très axés humour autant 3615 USUL est plus porté sur le documentaire, sans pour autant négliger le rire.

C'est le meilleur Hi hi

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Dim 2 Juin - 18:17

Antoine Tomberouge a écrit:Le sujet est autre (les jeux) mais on peut extrapoler le propos, intelligemment exprimé, à d'autres choses


Encore et toujours le concept de culture légitime de Bourdieu Twisted Evil Que l'auteur connait forcément, d'ailleurs, car cette fameuse grille qu'il parodie a bel et bien été tentée par lui !

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Aenimal le Lun 3 Juin - 16:13

Antoine Tomberouge a écrit:Le rap est un courant musical dont l'idéologie est essentiellement libérale

Faux : le rap ne porte pas d'idéologie. C'est plutôt un courant musical qui s'apparente à une forme d'esprit tribal, donc plus proche d'un comportement de "sauvage" plutôt que d'une forme civilisée (qui implique une "idéologie"). Le rap est donc par essence anti-libéral (le libéralisme ne pouvant se développer que dans une société de type civilisée, donc post-tribale).

:denk:

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Lun 3 Juin - 18:56

Tribal, je n'en sais rien, par contre le rap défend le plus souvent une identité collective (banlieues, minorités visibles, voire personnes s'identifiant à un autre pays que le leur), difficilement compatible avec une défense du libéralisme pur et dur...

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Aenimal le Lun 3 Juin - 20:29

Tanz Mitth'Laibach a écrit:Tribal, je n'en sais rien, par contre le rap défend le plus souvent une identité collective (banlieues, minorités visibles, voire personnes s'identifiant à un autre pays que le leur), difficilement compatible avec une défense du libéralisme pur et dur...

C'est du néo-tribalisme... tout comme le métal peut s'apparenter à du néo-féodalisme.

La noblesse et la haute-bourgeoise peuvent s'apparenter avec la musique classique, tandis que le consumérisme de masse peut s'apparenter avec la pop et que la musique industrielle est foncièrement nihiliste.

La techno, quand à elle, présente elle aussi un esprit tribal, mais beaucoup plus "spirituel", le mélange communion/esprit d'individualité que l'on retrouve dans les raves parties pouvant d'une certaine façon s'apparenter à une forme de néo-libéralisme tribal coupé de ses racines matérialistes...


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Message par Max le Lun 3 Juin - 20:31

roule

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Lun 3 Juin - 21:56

tout comme le métal peut s'apparenter à du néo-féodalisme.

Développe ?

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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Aenimal le Mar 4 Juin - 5:26

Tanz Mitth'Laibach a écrit:
tout comme le métal peut s'apparenter à du néo-féodalisme.

Développe ?

T'as pas vu le nombre de châteaux forts qu'on voit sur les pochettes des albums de métal? Laughing









Bon, ok, j'avoue que cette analogie là est complètement falacieuse... Hi hi même si on peut déceler en filigrane au travers de cette musique (plus ou moins) bestiale la révolte des opprimés (les ex-serfs) face à la classe dirigeante (les ex-suzerains) et aux institutions morales qui perdurent de nos jours (l'ex-clergé).






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Re: Par quoi nos goûts sont-ils conditionnés ?

Message par Tanz Mitth'Laibach le Mar 4 Juin - 8:24

même si on peut déceler en filigrane au travers de cette musique (plus ou moins) bestiale la révolte des opprimés (les ex-serfs) face à la classe dirigeante (les ex-suzerains) et aux institutions morales qui perdurent de nos jours (l'ex-clergé).

Bah justement, c'est contre la féodalité, alors Laughing À vrai dire, l'analogie fonctionnerait peut-être mieux en mettant en valeur le fait que la féodalité fait passer des liens personnels avant une allégeance à un État centralisé et dépersonnalisé.

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